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TMS : Pourquoi faut-il regarder au-delà du simple « faux mouvement » ?

Les Troubles Musculosquelettiques (TMS) représentent la première source de maladies professionnelles en France. Souvent réduits à des problèmes de « mauvais gestes » ou de postes mal réglés, les TMS sont en réalité des pathologies bien plus complexes. Pour les prévenir efficacement, il est indispensable de comprendre leurs multiples facteurs de risque.
En tant qu’ergonome, je constate souvent que les entreprises se concentrent sur la partie visible de l’iceberg. Or, le modèle bio-psycho-social nous enseigne que l’apparition des douleurs est le résultat d’une combinaison de facteurs physiques, psychiques et organisationnels,.
Décryptage des trois grandes familles de facteurs de risque à surveiller.
1. Les facteurs biomécaniques : la partie visible
Ce sont les facteurs les plus connus, ceux qui sollicitent directement les structures corporelles (muscles, tendons, nerfs). Ils constituent les causes directes de l’hypersollicitation. On retrouve notamment :
• La répétitivité : La réalisation fréquente des mêmes mouvements sur des cycles courts.
• Les efforts excessifs : Qu’il s’agisse de soulever une charge lourde ou de maintenir un outil, l’effort sollicite intensément les tissus.
• Les postures contraignantes : Travailler les bras en l’air, le dos courbé ou les poignets cassés place les articulations en dehors de leurs zones de confort.
• L’absence de récupération : La répétitivité devient nocive surtout lorsqu’il n’y a pas de temps de récupération suffisant (intra ou inter-cycle) pour permettre aux tissus de se régénérer.
Cependant, se limiter à ces facteurs physiques est insuffisant. Un geste n’est pas qu’une mécanique, c’est une activité humaine complexe.
2. Les facteurs psychosociaux (RPS) : le poids de l’esprit sur le corps
On oublie trop souvent que le stress a un impact physiologique direct. Le stress augmente le tonus musculaire, favorise l’inflammation et diminue la vitesse de réparation des micro-lésions tissulaires,. Les facteurs de risque psychosociaux incluent :
• La forte demande psychologique : Pression temporelle, charge mentale élevée, interruptions fréquentes.
• Le manque de soutien social : Travailler isolément, sans aide des collègues ou de la hiérarchie.
• Le manque d’autonomie : Ne pas pouvoir décider de la manière de faire son travail ou de son rythme.
Ces facteurs créent un terrain fertile pour les TMS en transformant une contrainte physique acceptable en une pathologie.
3. Les facteurs organisationnels : la racine du problème
C’est souvent ici que se joue la véritable prévention. Les TMS sont considérés comme une « pathologie de l’organisation ». L’organisation du travail détermine les conditions dans lesquelles les salariés opèrent.
• L’intensification du travail : La chasse aux « temps morts » supprime les micro-pauses nécessaires à la récupération physiologique et mentale.
• Le manque de marge de manœuvre : Pour rester en santé, un opérateur doit pouvoir réguler son activité. Si l’organisation est trop rigide et prescrit les modes opératoires sans laisser de liberté, elle crée une situation de « geste empêché »,.
• La perte de sens : Lorsque les objectifs de production entrent en conflit avec la qualité du travail que l’opérateur souhaite réaliser, cela crée une tension délétère.
L’approche ERGOREM : Une vision systémique
Chez ERGOREM, nous sommes convaincus que pour agir durablement, il ne suffit pas de corriger une posture. Notre offre de service repose sur l’identification de cette multifactorialité pour co-construire un plan d’action adapté.
Nous analysons le décalage entre le travail prescrit et l’activité réelle pour restaurer les marges de manœuvre situationnelles. C’est en redonnant du pouvoir d’agir aux équipes que l’on préserve leur santé tout en favorisant la performance de l’entreprise.
Vous souhaitez réaliser un diagnostic approfondi de vos facteurs de risques TMS ? 👉 Contactez-nous pour une intervention sur mesure.

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Sources : Thèse R. Hubaut « Les outils d’évaluation du risque de TMS » (2020) & Offre de Service Ergorem.

Dr. Rémy Hubaut

Dr. Rémy Hubaut

Ergonome/psychologue du travail/fondateur du cabinet Ergorem

Rémy Hubaut possède une double expertise, académique et opérationnelle :
• Titulaire d’un doctorat en Ergonomie.
• Ergonome au sein de Services de Prévention et de Santé au Travail Interentreprises (SPSTI)
• Enseignant-chercheur à l’Université de Valenciennes (UPHF).

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